Histoire, Son et Santé

Histoire, Son et Santé

De tous temps, l’humanité a investi l’aspect guérisseur de la musique. Les hommes ont utilisé le son pour libérer les blocages et les disharmonies qui pouvaient les affecter.

Les indiens d’Amérique jouaient de la flûte en bois de bouleau pour soigner les rhumatismes, en Chine ancienne le chef de l’orchestre impérial était un médecin, compositeur d’œuvres thérapeutiques.

Une bonne musique pouvait donc conduire l’âme agitée vers l’ordre et l’intégration, et inversement vers le désarroi. En France, c’est Philippe Pinel, le fondateur de la psychiatrie, qui au tout début du XIXème, introduisit la musique dans les asiles. 

Lorsqu’il s’agit de connaissances anciennes, le son, la fréquence et les vibrations ont toujours été perçus comme des forces puissantes qui peuvent influencer et modifier la vie jusqu’au niveau cellulaire. Les méthodes de guérison par le son sont souvent utilisées par les chamans, qui utilisent les tambours et le chant pour accéder aux états de transe. La recherche a même démontré que le tambour et le chant peuvent être utilisés pour ralentir les maladies cérébrales mortelles, et qu’ils peuvent générer un sentiment d’unité avec l’univers. La thérapie sonore est de plus en plus populaire et peut avoir de nombreuses applications médicales, en particulier dans le domaine de la santé psychologique et mentale.

Pour comprendre comment ces sons peuvent agir, il faut savoir que le corps émet un champ électromagnétique, source de vibrations. Nos organes et nos cellules vibrent. Lorsqu’il y a blocages, tensions, maladies, la fréquence de ces vibrations est perturbée. Les sons des gongs et des bols chantants peuvent, grâce à leurs fréquences spécifiques, entrer en résonance avec notre corps pour le réharmoniser.          

C’est l’eau qui sert de conducteur. Comme elle représente environ 65 % du corps, les vibrations peuvent se diffuser à travers nos cellules. Elles constituent un raccourci pour mettre le cerveau en état méditatif, dont les études montrent les bienfaits contre le stress et l’inflammation.

Aujourd’hui certains chercheurs investiguent plus loin encore les champs d’applications de la musicothérapie et des sons dans le cadre de la maladie d’Alzheimer et de la prise en charge de la douleur. Des recherches menées à l’Hôpital Gui de Chaliac à Montpellier par le professeur Jacques Touchon ont établi que des séances permettent une stimulation des fonctions cognitives en favorisant des encodages mnésiques et des évocations de souvenirs. Des résultats corroborés par la psychanalyste et musicothérapeute Edith Lecourt : « certains morceaux peuvent réveiller des pans entiers de mémoire enfouis, par le biais des émotions ».
Ce lien émotionnel avec la musique proviendrait-il du fait que nous arrivons au monde avec une histoire musicale ? Les chercheurs s’accordent à penser qu’à sept mois de développement utérin, le fœtus entend les bruits et les sons. Ces sensations auditives seraient transmises par la voie des conductions osseuses. En cas de traumatisme, la musique permettrait donc de rétablir tout un champ émotionnel et mémoriel. Des vertus que l’on peut également expérimenter au quotidien, lorsque l’on entend un morceau associé à un moment chargé d’émotion positive comme négative. 

En musicothérapie, un nouveau courant émerge, davantage axé sur le son, avec l’utilisation des bols tibétains, taoïstes, ou encore des gongs planétaires. Un phénomène qui s’inscrit dans une vision énergétique et vibratoire de l’être.

Le processus thérapeutique est toujours identique, l’onde agit sur le corps comme régulateur de notre énergie vitale. La vibration est acheminée vers le tympan, puis transmise à l’oreille interne, qui la transforme en énergie électrique avant de l’envoyer au cortex cérébral par les fibres nerveuses. Ces signaux sont alors décodés et interprétés par le cerveau. Le bol tibétain, par exemple, produit un son dit « linéaire », qui nous met en ondes alpha, comme nombre de pratiques méditatives. Les sons des gongs nous mettent en ondes delta et thêta, dans une conscience élargie et un esprit éveillé.
Par ailleurs, des recherches menées à l’université Paris VI Jussieu avec la biologiste du CNRS Hélène Grimal, ont établi que les cellules humaines changeaient de forme et de couleur quand on leur prodiguait un son. Et si la médecine vibratoire ou thérapie du son était celle de demain ?